D’où vient la tradition du sapin de Noël ?

Si la fête de Noël est bien liée à la fête chrétienne de la Nativité, la tradition du sapin de Noël remonte même à une tradition païenne, bien avant l’existence du christianisme. Le jour de Noël a lui-même été choisi par les chrétiens pour remplacer la fête romaine des Saturnales, qui avait lieu au solstice d’hiver, le 25 décembre. Plusieurs civilisations ont pendant longtemps organisé des fêtes en fonction des changements saisonniers de la nature. Par exemple, la fête de Yule était déjà célébrée également dans les pays nordiques. Aussi bien chez les Scandinaves que chez les Romains, des cadeaux étaient offerts à la période des Saturnales ou de Yule. Quant aux sapins, ils étaient utilisés pour garnir les maisons, étant à peu près les seuls végétaux persistants qui pouvaient servir de symbole vital naturel, à cette période de l’année.

Chez les Celtes, l’épicéa était considéré comme le symbole de l’enfantement. Plusieurs historiens religieux attribuent l’origine du sapin de Noël à un moine irlandais, Saint Colomban, qui aurait visité les Vosges à la période de Noël en l’an 590. Dans cette région montagneuse, il aurait vu des sapins celtes érigés pour le culte païen et les aurait détournés pour en faire un symbole chrétien. Cette histoire est, bien entendu, légendaire.

La véritable origine du sapin de Noël en Europe

La première mention historique avérée date de 1521 dans un livre des comptes de la ville de Sélestat, en Alsace, appartenant à cette époque au Saint-Empire romain germanique. Le registre de la ville parle alors de gardes-forestiers chargés de surveiller les « mais » à décorer pour la Saint-Thomas. Le mot « mais » vient de l’alémanique « meyen », qui veut dire « arbre festif ». La Saint-Thomas est célébrée le 21 décembre. Une autre ville revendique la paternité de la tradition. Riga, capitale de la Lettonie, prétend être à l’origine de la tradition du sapin de Noël, quand une guilde de marchands choisit en 1510 de décorer les sapins plutôt que de les brûler, comme il était de tradition au solstice. Quoi qu’il en soit, la tradition aurait donc pris dans le nord de l’Europe, dans les pays germaniques, scandinaves et baltes au début du 16e siècle.

Il faudra néanmoins attendre plusieurs siècles avant que la tradition ne se répande dans toute l’Europe, avec l’aide des aristocrates. En France, c’est la belle-fille du roi Louis-Philippe, épouse du duc d’Orléans, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, d’origine allemande, qui aurait introduit le sapin de Noël à la cour de France en 1837. Ensuite, avec l’émigration des Alsaciens après la guerre de 1870, ceux-ci emmenèrent avec eux la tradition et la répandirent un peu partout en France. Du côté de l’Angleterre, c’est l’époux de la reine Victoria, le prince Albert de Saxe-Cobourg et Gotha qui importa d’Allemagne la tradition. Des photos de la famille royale britannique de l’époque, prouvent qu’ils décoraient richement leurs sapins. En mélangeant le tout, c’est-à-dire la fête des lumières, de la nativité, mais aussi en héritage de la fête des solstices et de celle de Yule où les dieux offraient des cadeaux, nous arrivons à la tradition du sapin de Noël telle que nous la connaissons aujourd’hui. Les étoiles, les bougies, les cadeaux, les guirlandes, les décorations, sont autant de symboles qui prennent leur origine dans les cultures païennes, folkloriques, chrétiennes que cette tradition a connues.

Que ce soit un épicéa ou un sapin Nordmann, un sapin naturel ou un sapin artificiel, la tradition vieille de plus de 900 ans perdure encore aujourd’hui.

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